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L'entretien au Ministère

 

delegation Jura au ministère de l'éducation nationale.

 

Comme nous vous l'indiquions précédemment, notre délégation jurassienne à été reçue cet après midi au Cabinet du Ministre Peillon de 14h30 à 16h00.

Béatrice GENET (Secrétaire Adjointe du CDPE39), Cécile Chamouton (syndicat enseignant SE UNSA), Fabrice Billot-Morel (syndicat enseignant FSU) et de Danielle Brullebois, Conseillère Générale, Vice-Présidente en charge de la jeunesse, de la culture, de l'éducation et des collèges) ont pu s'entretenir avec Monsieur LEJEUNE, Conseiller Social du Ministère de l' éducation nationale et présenter la situation des écoles Jurassiennes. Ils étaient accompagnés par Nathalie Gaujac(secrétaire générale adjointe de la FCPE), Mr Bonnot(représentant national SE UNSA), Mme DESSOT(représentante nationale FSU).

 

Monsieur Lejeune a tenu en préambule a rappeler que la délégation jurassienne était pour le moins originale voire anormale, dans le sens où habituellement, seule les représentant syndicaux sont reçus au Ministère, les difficultés académiques devant habituellement se gérer au sein de l'Académie.

La délégation lui a répondu que cela était déjà arrivé précédemment, et que la situation du jura était assez exceptionnelle pour que l'ensemble de la communauté éducative se déplace à cette rencontre.

Pour Monsieur Lejeune le Jura n'est pas la seule exception, mais il accepte volontiers de faire le point sur le département du Jura aux vues des éléments transmis par Monsieur le recteur de l'académie de Besançon.

 

  • - Madame DESSOT après avoir remercié Monsieur Lejeune pour son accueil, insiste sur la situation exceptionnelle du Jura, et sur le fait que malgré les annonces de création de poste plutôt positives, les besoins pour la rentrée 2013 sont plutôt importants.

- Monsieur Bonnot explique que pour le SE UNSA, il est très important de soutenir la demande des jurassiens car les grands objectifs annoncés par le Ministère ne trouve pas une traduction concrète sur le terrain : le jura est un département rural pour lequel le manque de postes se fait cruellement sentir.

- Madame GAUJAC ajoute que la FCPE apporte son soutien en général à tout les départements, mais que la situation du Jura revêt une importance particulière du fait du nombre de fermetures de poste important ces dernières années mais aussi pour la rentrée 2013. Circulaire du 15 janvier 2013(scolarisation des moins de 3 ans en maternelle), ne peut trouver d'écho dans ces conditions. Les jurassiens malgré le changement de gouvernement ont le sentiment que « la casse » du système scolaire se poursuit...

- Madame GENET précise en effet que le jura a vu en effet 167 poste supprimés ces 10 dernières années sans compter les 15 postes à rendre pour la rentrée 2013. Cela représente un réel fossé avec les annonces ministérielles de création de postes notamment.

- Monsieur Billot-Morel ajoute que lors de notre rendez vous avec le préfet du Jura, suite à l'occupation de la préfecture le 14 février dernier, Monsieur le préfet nous avait assuré que la carte scolaire serait suspendue de fait durant les vacances scolaires, or dès le lendemain Monsieur le DASEN annonçait la publication de la carte scolaire...d'où l'insatisfaction des parents et des enseignants, ces dernier ayant déjà reçu le courrier annonçant que leur poste était supprimé.

Il faut sa voir que l'année dernière les postes rendus par le Jura correspondaient à

45 pour cent des fermetures dans l'académie de Besançon !

Le P/E ne peut décemment pas être le critère unique pour établir la carte scolaire !

En 1999, il y avait 384 écoles jurassiennes, à ce jour, il n'en reste plus que 291 !

62 pour cent des communes du Département n'ont plus d'école aujourd'hui.

 

Monsieur Lejeune a ensuite tenu a repréciser le contexte national de la rentrée 2013.

La création de plus de 3000 emplois pour cette année est une avancée considérable, le recrutement par concours et de 9000 enseignants au lieu de 5000 l'année précedente, ce qui est déjà très important. Il faudra un peu de temps pour reconstruire l'Ecole...

Il faut savoir que pour la rentrée 2013, Le ministère avait estimé l'augmentation du nombre d'élève en premier cycle à 10000 alors qu'elle sera finalement de 30000 ! Il existerait de gros déséquilibres entre académies, les seuils d'élèves par classe pouvant aller jusqu'à 32.

 

La situation étant complexe, le gouvernement c'est attaché à retenir 3 critères qui semblaient importants :

- la démographie

- la situation d'encadrement

- la priorité à la scolarisation des moins de 3 ans

 

Concernant les moins de trois ans, nous faisons remarquer à Monsieur Lejeune, qu'actuellement seulement 12 pour cent des enfants sont scolarisés dans le Jura. Il nous précise alors que la priorité est donnée aux zones difficiles et que dans ce cas, 47,9% des – de 3 ans sont scolarisés dans notre département. Académie de Besançon n'est donc pas dans les priorités concernant ce critère...

 

En ce qui concerne le taux d'encadrement, la volonté de mettre plus de Maîtres que de classes, concerne les zones où le contexte sociologique est difficile. Les académies déficitaires sont donc moins touchées par les augmentations de postes, le rééquilibrage se faisant prioritairement dans les académies les plus dégradées(Guadeloupe, Martinique, Lorraine..)

Les académies de Besançon, Dijon, Reims sont donc quasiment à zéro en terme de démographie, d'où l'attribution de peu de postes en plus.

 

L'académie de Besançon a donc dans ce cadre obtenu dix postes supplémentaires, il appartient par la suite au recteur, d'organiser le travail entre les départements pour la répartition et notamment de trouver un juste dosage pour contenter chacun.

Cependant , force est de constater que dans le Jura, Le Recteur n'a pas usé de ce dosage, puisque le département est un des plus touché par les suppression de postes, il était déjà dans les 3 premiers touchés, l'année précédente !

Après 10 années de dégradations des conditions d'enseignements, un espoir était né pour cette année scolaire, avec plus de 100 communes en ZRR (Zone Rurale de Revitalisation) et la priorité donnée à la scolarisation des moins de 3 ans, les zones rurales ainsi que les zones de montagne ;les jurassiens espéraient non, pas des postes supplémentaires, mais au moins de commencer l'année scolaire 2013 dans les même conditions que l'année précédente. 

D'après Monsieur Lejeune, le P/E ne peut se dégrader d'une année sur l'autre.

 

La Fcpe quand à elle fait remarquer texte à l'appui qu'un ouverture en zone rurale peut se faire à partir de 12 élèves. On en est très loin dans le Jura, puisque le seuil en primaire est de 27,5 élève par classe et de 30,5 en maternelle, alors que dans les autres départements de l'académie, le seuil est à 26. Pour un village, il est crucial que l'école reste implanté, un village sans école est un village qui se meurt.

Certes, il n'y a pas de fermeture d'école dans son ensemble, mais certains RPI voient une de leur école fermée, ce qui engendre un coût de transport, coût financier, mais aussi coût de fatigabilité pour les enfants notamment ceux de maternelle, et à la veille de la réforme sur les rythmes scolaires, cela pose question !

Rappelons que la baisse d'effectif prévisionnel dans le jura et de 270 élèves, soit moins d'un élève par école, et qu'il nous est difficile d'accepter dans ces conditions la suppression de 15 postes.

Même si nous pouvons entendre que le recrutement d'enseignant supplémentaires ne peut se faire que sur plusieurs années, nous ne pouvons entendre que le P/E, outil purement statistique, soit le seul critère d'attribution de postes, la ruralité, les zones montagneuses, les temps de transports, les fermetures à effectifs constant sont aussi à prendre en compte...

 

Il est à noté que depuis plusieurs années, dans le Jura la gestion des postes se fait , selon Cécile Chamouton, à flux tendu, les effectifs pour l'année suivante sont retenus en décembre, sans tenir compte des mouvement de la population, ce qui occasionne des réajustement à la veille de la rentrée avec des enseignants qui intègre une équipe au dernier moment et qui du fait du jeu des mouvements de postes ne restent pas l'année suivante, d'où une forte instabilité et un inconfort pour l'enseignement...

le P/E du jura est 5,40, comparativement à 5,50 pour les départements classés « ruraux »... à noté aussi que dans la baisse d'effectif de 4%, se trouvent les enfants de moins de trois ans qui ne peuvent être scolarisés faute de moyens ou de place...

 

Pour conclure,Il semblerait que le Ministère ne soit pas disposé à accepté un moratoire pour la rentrée 2013, car les postes sont déjà attribués et cela reviendrait a désavantager un département au profit d'un autre.

Par contre Monsieur LEJEUNE  parle de manque de souplesse et de finesse dans le dosage en ce qui concerne la répartition des postes faite par le recteur d'académie pour le Jura. Les dotations ont été faites par le Ministère à l'Académie, et il ne serais pas possible de revenir dessus.

Le Conseiller Social a assuré à notre délégation qu'il allait se rapprocher du Ministre et du Recteur pour envisager des possibilités. Si le moratoire n'est pas possible, une piste est envisagé sur des postes d'expérimentation. Il à également rappelé que la scolarisation des enfants de deux ans se ferait sur 5 ans.

 

Nos ambassadeurs Jurassiens ont demandés un geste pour éviter un tollé Jurassien et ont demandé qu'une décision leur soit communiquée avant la fin des vacances de février. Ils sont partis au terme d'une heure et demi d'entretien avec le sentiment d'avoir été écoutés. Le conseiller ne promet pas une décision avant la fin des vacances mais assure de faire le nécessaire.

 

-- Beatrice Genet - Secrétaire Adjointe CDPE39 --